Quinze printemps
En 1997, Maria João Pires, Augustin Dumay et Emmanuel Krivine, entourés d’une pléiade de jeunes musiciens encore inconnus du grand public — Renaud Capuçon, Jérôme Pernoo, Jérôme Ducros, Nicholas Angelich, le quintette Moragues, eux-mêmes escortés d’une cinquantaine de jeunes collègues, investissaient Deauville pour y créer un festival de musique de chambre à leur façon et « un orchestre selon leur cœur » (A. Tubeuf, Le Point).
Un chantier de mille chefs-d’œuvre se présentait à eux, à ouvrir si possible loin des oreilles indiscrètes et des migrations festivalières habituelles. Grâce à Philippe Augier, alors adjoint à la culture, Deauville leur offrit spontanément son cœur, son idéale salle Elie de Brignac, ses beaux hôtels, et bientôt son élégante villa Pégase, siège joyeux et studieux d’un prochain Août musical.
Cette nouvelle génération de jeunes chambristes français, douée et convaincue, se vit immédiatement entourée d’une famille fidèle, et d’un public enthousiaste et attentif. En naquit bientôt une autre — celle des Bertrand Chamayou, Jonas Vitaud, Jérémie Rhorer, Julien Chauvin, Lise Berthaud, Antoine Tamestit, Jérôme Comte, Olivier Patey et du quatuor Ebène — tout aussi talentueuse et inventive qu’elle. Lors de ces premiers printemps, nombreux furent leurs amis à les rejoindre — Véronique Gens, David Grimal, Henri Demarquette, Philippe Jarrousky, Sylvia Schwartz, Stéphanie d’Oustrac, Nora Gubisch, Edwin Crossley-Mercer, Gordan Nikolitch, Marco Rizzi, Florent Héau, Daniel Röhn, James Ehnes, Tedi Papavrami, Baiba Skride, Alissa Margulis, Vineta Sareika, Alessandro Moccia, Gautier Capuçon, Matthew Trusler, Maria Grazia Schiavo, François Salque, Stephan Genz, Philipp von Steinaecker, Svetlin Roussev, Jonathan Gilad, Olivier Greif, Latonia Moore — dans des programmes de plus en plus riches et aventureux, associant voix, cordes, vents, claviers et percussions.
A ces deux générations si semblables par leur immersion totale dans la musique de chambre, leur abnégation solistique et leur goût du partage, se mêla peu à peu une autre, tout aussi talentueuse et inspirée qu’elles, celle des Adam Laloum, David Kadouch, Guillaume Vincent, Amaury Coeytaux, Alexandra Soumm, Mi-Sa Yang, Arnaud Thorette, Adrien La Marca, Adrien Boisseau, Yan Levionnois, Victor Julien-Laferrière, des quatuors Ardeo et Raphaël, des ensembles Initium et Aedes, aujourd’hui entourée de ses amicaux et attentifs aînés, toujours fidèles à leur maison commune deauvillaise.
A Deauville les ensembles se font et se défont. Après la Philharmonie de chambre et Les Sauvages, ce fut Le Cercle de l’Harmonie (sur instruments anciens) qui irrigua quelques mémorables éditions du festival et révéla le talent prometteur de Jérémie Rhorer au monde musical, et celui, si fédérateur, de Julien Chauvin. Toujours en résidence à Deauville, Le Cercle de l’Harmonie connaît aujourd’hui le succès que l’on sait et partout en Europe, tant au concert qu’à l’opéra.
A chaque festival, les formations de chambre fusionnent toujours en un orchestre idéal qu’Emmanuel Krivine, Ion Marin, Marc Minkowski, Christopher Hogwood, Bruno Weil et Jérémie Rhorer, comme Marius Stieghorst, désormais surent toujours porter à un niveau de subtilité et d’incandescence rare.
C’est aujourd’hui L’Atelier de musique (sur instruments modernes) qui réunit tous ces jeunes et inspirés chambristes pour un concert de clôture où leur talent et leur enthousiasme savent à chaque fois créer un événement orchestral aussi éblouissant que charmeur.
Consacré cette année à la musique classique, le Salon Livres & Musiques de Deauville ajoutera, les 15, 16 et 17 avril, une centaine d’écrivains, de musicologues et de journalistes à notre joyeuse cohorte festivalière.
Bon festival,
Yves Petit de Voize
Samedi 9 avril
Dimanche 10 avril
Vendredi 15 avril
Samedi 16 avril
Dimanche 17 avril
Vendredi 22 avril
Samedi 23 avril
Dimanche 24 avril
Théâtre du Casino Barrière
2 rue Edmond Blanc
14800 Deauville