
Métamorphoses deauvillaises
Pour les jeunes virtuoses, le temps passe vite des études supérieures, des master classes, des concours internationaux et des officines spécialisées dans l’exploitation des « jeunes talents ».
Dressés pour la « carrière », et souvent peu au fait des réalités du métier de musicien, combien de forts en doigts précoces répondront-ils aux attentes et aux exigences du milieu musical ?
S’y imposer d’emblée comme soliste est rare. Fonder un ensemble de chambre exige abnégation, culture musicale et sens du partage. Devenir musicien d’orchestre laisse peu de place à la réalisation des rêves personnels. Alors que faire pour exister ?
C’est en équipe et en famille qu’en 1997, Renaud Capuçon, Jérôme Ducros, Jérôme Pernoo, Nicholas Angelich et quarante de leurs jeunes contemporains résoudront ce dilemme. Et c’est dans le même esprit que leurs héritiers directs — Jérémie Rhorer, Bertrand Chamayou, Jonas Vitaud, le quatuor Ebène, Gautier Capuçon, Henri Demarquette, Philippe Jaroussky, Antoine Tamestit, Lise Bertaud, Jérôme Comte, Julien Chauvin, Le Cercle de l’Harmonie, Stéphanie-Marie Degand, Sylvia Schwartz, Edwin Crossley-Mercer et tant d’autres invités par eux — affronteront ces années de solitude, aux portes d’un « premier cercle » musical passablement encombré.
Lire et jouer toute la musique, ne pas céder à la facilité des programmes festivaliers et de concerts habituels — si peu d’œuvres et toujours les mêmes ! —, partager équitablement le gîte et le couvert deauvillais, voici la modeste mais très réelle contribution qu’un quatuor d’amis intuitifs, cultivés et exigeants imagina d’apporter en 1996 à la vie musicale française et à leur propre existence.
C’est grâce à la « génération Capuçon », à celle de Bertrand Chamayou, Julien Chauvin et Jérémie Rhorer que tant de nouvelles énergies éparpillées ou égarées furent chaque printemps fédérées à Deauville, avec le bonheur et la réussite que l’on sait.
Au festival, la fidélité aux artistes compte toujours plus que tout, et la cooptation amicale y est toujours la règle idéale. Du mois d’avril au mois d’août, les familles musicales — cette année des voix, des vents et un ensemble de vingt-trois cordes — s’assemblent et se fondent au profit d’œuvres généralement inatteignables pour des festivals moins ambitieux ou moins humainement fortunés.
De cet Atelier de musique intense et joyeux, de nouvelles personnalités se révèleront et s’affirmeront encore.
Notre vrai bonheur et notre vraie richesse sont là, que je suis heureux, année après année, de partager avec vous.
Yves Petit de Voize
Pour sa douzième édition le Festival de Pâques de Deauville accueille une nouvelle génération de jeunes chanteurs et musiciens de chambre que réunit une ambition musicale digne de celle de leurs aînés, fondateurs du festival.
Du bouleversant “Luctus de morte” de Charpentier à la cinglante Symphonie de chambre de Schoenberg, les découvertes ne manqueront pas sans oublier l’essentiel deauvillais qu’est toujours la musique de chambre où se révèlent et s’affirment chaque année de nouvelles personnalités musicales.
- Samedi 19 avril 2008, 20h
- Dimanche 20 avril 2008, 16h30
- Vendredi 25 avril 2008, 20h
- Samedi 26 avril 2008, 20h
- Dimanche 27 avril 2008, 16h30
- Jeudi 1er mai 2008, 20h
- Vendredi 2 mai 2008, 20h
- Samedi 3 mai 2008, 20h
Téléchargez le programme du 12ème Festival de Pâques de Deauville